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Le blog généalogique d' Anne LUDWIG

Morts pour la France

1 Janvier 2016, 17:04pm

Publié par Anne LUDWIG

Herzog

Augustin Ludwig est né à Boesenbiesen en 1850. Ses parents s’installent à Colmar rue de la Bagatelle, son père Auguste est tisserand et travaille à la manufacture Herzog.

Augustin y apprend le métier du tissage textile. Après la guerre de 1870, il choisit la France et opte le 9 août 1872, il réside alors à Gérardmer. Il se marie à Colmar le 25 septembre 1875 avec Joséphine Gerber originaire d’Orbey. Augustin et Joséphine donneront naissance à 12 enfants, 6 garçons et six filles. La famille va payer un lourd tribu au premier conflit mondial puisque 4 fils seront tués devant l’ennemi ainsi que deux gendres.

L’ainé Joseph nait à Colmar en 1876, il s’engage volontairement en 1914 sous le drapeau français, servira sous le nom de Joseph LOUIS, il est soldat " alsacien " dans le 149 è régiment d’infanterie et meurt à Niderviller dans l’ambulance n°10 des suites de blessures de guerre le 21 août de la même année.

Le second, Eugène, nait à Rouge-Goutte dans le Territoire de Belfort en 1877, tisserand puis boulanger il est soldat dans le 160 è régiment d’infanterie et trouvera la mort au lieu- dit « La Targette » à Neuville saint Vaast dans le Pas de Calais le 9 mai 1915.

Jean- Nicolas né au Thillot en 1889, s’engage dans le 79 è régiment d’infanterie, il est sergent, lorsqu’il est tué devant l’ennemi devant la ferme Beauséjour le 27 septembre1915 au Mesnil les Hurlus dans la Marne.

En 1890, Augustin est alors contremaitre de tissage mécanique chez Gros Roman à la manufacture du grand moulin à Saint Etienne les Remiremont.

Henri enfin, tisserand né à Rupt sur Moselle est tué devant l’ennemi au bois de Hem dans la Somme, le 12 août 1916, il appartenait au 44è régiment d’infanterie. Les ravages de la grande guerre ne s’arrêtèrent pas là pour Augustin et Joséphine, la famille perdit encore deux gendres : Louis Rimé et Joseph Daval.

Veuf en 1929, Augustin se rapproche de sa fille et termine ses jours au 29 faubourg des trois maisons à Nancy, où il décède en 1931.

usine textile saint etienne les remiremontusine textile saint etienne les remiremont

usine textile saint etienne les remiremont

"En premier lieu, l'industrie cotonnière vosgienne connaît un développement sans précédent. Comme on l'a vu, après le Traité de Francfort et l'annexion de l'Alsace, les fortes industries cotonnières des environs de Mulhouse et de Colmar, émigrent et viennent s'installer dans les Vosges. En quelques années, les vallées de la Moselle, de la Vologne, de la Moselotte et du Correy, se peuplent de filatures et tissages de coton, qui progressent rapidement. Ces usines fonctionnent tout de suite avec les spécialistes et ouvriers déjà occupés en Alsace, et qui, pour la plupart, ont opté pour la France en quittant leur région d'origine. Les liens avec l'Alsace restent longtemps étroits. Les usines vosgiennes continuent ainsi d'y recruter des ouvriers et des techniciens et d'y acheter des machines. Mais, sur le plan commercial, il est vite nécessaire de s'émanciper, car les droits de douane entre la France et l'Allemagne ne cessent de s'élever. Véritable mono-industrie de la montagne, le textile se situe, dans les dernières décennies du XIXe siècle, au premier rang et stimule les autres branches d'activité dans lesquelles s'implante un certain nombre d'Allemands et d'Alsaciens. Les fonderies et les constructions mécaniques peuvent alors diversifier leur production en fournissant les pièces des métiers à tisser et autres machines, chaudières et turbines. Des bénéfices considérables sont réalisés dans la métallurgie et la brasserie où se construisent de grosses fortunes."

"Dans le canton, Saint-Etienne n'échappe pas au fait : les filatures et tissages de la Société H. Géliot et Cie, appartenant à Géliot, puis à Lederlin, comptent 500 ouvriers dont 17 Alsaciens de nationalité allemande. Dans la vallée de la Moselotte, les filatures et tissages des Héritiers Perrin à Cornimont, qui ont longtemps fonctionné en Alsace, comptent 29 ouvriers alsaciens sur 1200 et les Filatures et tissages Chagué et Cie 10 sur 400. Plus particulièrement encore, la vallée de la Moselle a accueilli de nombreuses usines textiles et des Alsaciens en masse. Ainsi, les Tissages Kientzy de Bussang emploient 55 ouvriers dont 3 Alsaciens et le directeur est d'origine alsacienne. A Ferdrupt, le gérant du Tissage France et Cie (75 ouvriers environ), acheté par C. Kohler du Ménil-Thillot en 1874, est Alsacien mais a épousé une Française. A Rupt sur Moselle la Filature et Tissage de la Société cotonnière (établissements Laederich et Géliot) compte environ 350 ouvriers dont 12 Allemands. Enfin au Thillot, le Tissage de la SA des tissus de laine des Vosges comporte 500 ouvriers environ dont 12 Alsaciens ".

extraits du mémoire de Clément Thiriau 2007 Faculté de Nancy

http://www.memoireonline.com/06/10/3574/m_Immigration-volontaire-ou-forcee-des-allemands-et-des-alsaciens-lorrains-dans-les-Vosges-1911-19203.html

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